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Créer un documentaire en confinement – Le travail d’écriture 3/5

C’est la première semaine de la formation. L’objectif est de créer un documentaire en plein confinement. Je découvre un groupe qui a du répondant. On commence par poser les règles avant d’aborder le travail d’écriture. Les idées pertinentes fusent, il y a de la ressources. Ca accroche mutuellement. Je vous raconte.

 

La semaine dernière, je vous parlais de comment j’ai créé un workflow de travail uniquement sur smartphone. J’ai pris ça comme un défi, un jeu. C’est de cette manière que je décide d’aborder la formation le premier jour. Pas de compétition, de l’entraide dans la mesure du possible et un objectif individuel à remplir.

 

Les règles du jeu 

 

Le défi a relever par chaque étudiant sera d’avoir tourné un court documentaire d’ici la fin de la formation. Comme dans tout jeu, il y a des règles. Il y a d’abord celles imposées par le contexte sanitaire : ne filmer que des personnes que l’on côtoie déjà pendant le confinement et si l’on sort, c’est uniquement lors d’un déplacement essentiel. Pas d’excuses. Si l’on estime que les personnes que l’on côtoie ne forment pas un bon sujet, il faudra être créatif. Et, par exemple, réfléchir à comment raconter sans montrer.

 

Puis, il y a les règles qui sont là pour rendre le jeu le plus équitable. Il existe des disparités importantes entre les étudiants. Elles reposent sur le niveau de vie mais aussi sur la situation géographique (certains sont dans des campagnes reculées). On ne peut utiliser qu’un smartphone – exit les ordinateurs pour ceux qui en ont – et on fait avec ce que l’on a chez soi – on ne peut rien acheter si l’occasion se présente.

 

Ecriture et réflexions sur le format

 

Ça accroche direct, je sens que le groupe est stimulé. J’ai prévu deux semaines sur l’équivalent d’une phase de développement. On commence par une première semaine de travail sur les idées, l’équivalent d’un travail d’écriture, et de tests caméra in situ, l’équivalent du travail de repérage. Je les invite à devenir des anthropologues de leur quotidien en portant un regard nouveau sur ce qui les entoure. 

 

Lors de temps individualisés, je rencontre leurs familles et découvre, à travers une webcam, l’environnement dans lequel ils évoluent. Du jour au lendemain, je deviens omnisciente dans l’intimité de personnes que je n’avais jamais vu au paravant. Tout le monde se prends au jeu, même les familles. C’est l’occasion pour moi d’aborder des sujets inhérents au format documentaire. Lorsque l’on filme l’intime, où se situe la frontière avec le voyeurisme ou encore la prédation de notre sujet ?

 

Conclusion de la semaine

 

A la fin de la semaine, les étudiants ont tiré des fils narratifs qui valent le coup d’être exploré en image. Ces “repérages” sont aussi l’occasion d’identifier les besoins et difficultés techniques. Car la semaine prochaine, il faudra trouver des solutions alternatives pour les contourner. Mais ce groupe d’étudiants aime les défis, intellectuels et manuels. Je n’ai aucun doute sur le fait de pouvoir les emmener facilement sur le détournement d’objets. 

 

A suivre …