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Créer un documentaire en confinement – Le résultat 5/5

La formation arrive à son terme. Le défi a été relevé : tous les étudiants ont réussi à créer en confinement. Lors de la restitution, j’ai particulièrement été frappée par le travail d’une des étudiantes. Pourtant, la formation avait été semée d’embuches pour elle. C’est son histoire dont je vous parle aujourd’hui. 

  

Les galères au départ

 

Mane a 14 ans. Elle n’a jamais créé de vidéo lorsque l’on démarre la formation. Elle vient d’un milieu social moins favorisé que la plupart des étudiants. D’ailleurs, le téléphone portable qu’elle utilise, emprunté à un membre de sa famille, est vétuste. Même la version du système d’exploitation ne peut être mise à jour, le rendant incompatible avec la plupart des applications du workflow. 

 

Mane n’a pas non plus de connaissances, en dehors d’une utilisation basique, sur les téléphones portables. Les premiers jours, dédié au travail d’écriture, se transforment en journées sans fin pour elle. Lorsque la formation se termine en fin de journée, les autres étudiants l’aident en visio à résoudre ses problèmes de téléphone. Tout le monde est très solidaire.

 

De mon côté, je remet en place un nouveau workflow compatible avec son téléphone. Les nouvelles applications n’ont pas toutes les fonctionnalités souhaitées alors je trouve des contournements. Je prends des temps individuels avec elle le soir pour lui expliquer le fonctionnement de certaines applications que les autres n’utiliseront pas. Comme une application qui réduit le bruit dans l’image car la caméra de son téléphone est vraiment médiocre. 

 

Le succès à la fin 

 

Malgré toutes ses difficultés, Mane, plutôt timide, s’accroche et montre une détermination sans faille. Elle décide de filmer un court documentaire – sans narration, sans dialogues, sans interview et sans mise en scène. Du cinéma-direct. 

 

Elle suit pendant une journée Madame Ano, sa voisine qu’elle côtoie pendant le confinement. Madame Ano sort, car elle tient une cahute qui vend des produits de première nécessité au bord d’une route. Les règles sanitaires sont respectées. Son travail est impressionnant alors qu’il s’agit de son tout premier film. 

 

Je décide de le montrer à quelques personnes autour de moi est le verdict est sans appel : tout le monde est extrêmement touché par le travail de Mane. Mane, sans mot dire, tournera même un deuxième documentaire sur son grand-père, tout aussi pertinent, qu’elle me montrera à la fin de la formation. 

 

Je l’avais parié dans mon premier article : ce ne seraient pas les mieux lotis mais bien les plus débrouillards et créatifs qui s’en sortiraient le mieux. Mane en est l’illustration parfaite. Je vous laisse découvrir son travail ci-dessous.

* Le water stamp “Power Director” n’a pas pu être retiré. Mane ayant du avoir recours à d’autres applications que le workflow initialement prévu, je n’ai pas réussi à trouver d’applications gratuites adaptées à son téléphone sans water stamp.