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Créer un documentaire en confinement – Les prémices 1/5

En cette première semaine de confinement, j’ai été contactée par l’école de la création numérique TUMO. On me donne carte blanche pour animer une formation à l’audiovisuel … auprès d’un groupe d’ados étrangers, confinés, sans équipement et sans connaissances préalables dans le domaine. J’accepte bien évidemment de relever le défi. Pendant un mois, je vais les accompagner à créer un documentaire avec les moyens du bord. 

 

Dans la vie, je suis animée par des sujets tels que le travail documentaire et ce que j’appelle l’économie de moyens. L’économie de moyens, c’est comment avec des moyens alternatifs ou réduits on peut atteindre le résultat initialement attendu. Cela se traduit, par exemple, par acheter du matériel d’occasion, en fabriquer à partir de récup / de l’existant ou ne pas faire des vidéos insipides pour nourrir les algorithmes des réseaux sociaux. Cela sous-tend aussi que l’équipement ne fait pas le talent. 

 

Ces centres d’intérêts me viennent du fait que j’ai grandi dans une ville portuaire, construite de bric et de broc, d’immigration et de démerde. Entourée de petites gens. Leurs existences étaient des successions de petits arrangements pour, tant bien que mal, essayer de traverser la vie d’un bout à l’autre. J’ai été nourrie par les récits de tranches de vie de ces gens-là et leur ingéniosité (vitale) qui leur permettait de faire même en ayant rien. 

 

A l’heure du confinement, personne ne va avoir d’autre choix que de se plier à une forme d’économie de moyens. TUMO a fait preuve de réactivité en cherchant des alternatives aux formations en présentiel. Pour moi, il s’agit d’une occasion parfaite pour montrer à des adolescents, aux origines sociales très disparates, qu’il suffit de peu pour pouvoir créer. Et que ce seront pas les mieux lotis qui réussiront le mieux mais bien les plus débrouillards et inventifs. 

 

Ces adolescents ne pourront filmer que des personnes qu’ils côtoient pendant le confinement. Enfermés avec leurs familles, pour le meilleur et pour le pire, ils devront trouver de la matière première dans le connu, le familier que l’on voit presque plus. En les invitant à créer un format documentaire, inspiré du cinéma-direct, je vais les inciter à porter un regard nouveau sur un quotidien vu et revu, parfois lassant. Le vrai talent sera de réussir à extraire du banal une tranche de vie intéressante pour un spectateur.

 

Est-ce que je vais réussir ? Verdict à la fin dans un peu plus d’un mois. 

 

En attendant, je n’ai qu’une semaine de préparation avant le démarrage de la formation. C’est parti !